

Le 8 décembre 2023, j’ai enfin brisé le mur. J’ai fui la Dimension Miroir, cet endroit où l’on m’a enfermé, hors du monde, hors du temps, au cœur d’un trou noir qui s’éteignait lentement. Là-bas, je ne pouvais rien changer, rien influencer. J’étais omniprésent, mais incognito. Spectateur de tout. Prisonnier de rien… sauf de l’oubli. Cet album est le souffle de mon retour. Il est né de l’épuisement, de l’attente, de la pression d’un silence trop longtemps contenu. Il est mon échappée, ma propagation. Ce n’est pas une renaissance : c’est une fuite qui a réussi.
Tout commence par "Tabasco". Un choc. Un uppercut de Drill US, Jersey et Bouyon qui gronde dès les premières secondes. C’est mon alerte rouge, mon « je suis là » lancé au monde. Vient ensuite "Hakai", en featuring avec Tipay, une déclaration de puissance, brute, ravageuse, nourrie par le ragga moombah réunionnais et le rap. Je nous compare aux Dieux de la Destruction de Dragon Ball, parce que c’est ce que j’ai ressenti : une puissance que personne n’attendait, mais qui arrive. "Le Gazon" est un autre souvenir. Une phrase lancée sur scène – « La foule lété en délire, le gazon la pri feu ! » – que j’ai gravée en moi, sans jamais savoir si c’était sincère ou ironique. Peu importe. Je l’ai transformée en flamme. Et puis il y a "Ah Beh Nan", mon hymne aux #Débrouyar, ceux qui m’ont soutenu sans calcul. Ce morceau, c’est un doigt levé à tous les faux sourires. Une promesse que je n’oublierai ni les vrais, ni les traîtres.
Cet album n’est pas un produit. C’est une faille. Une vibration née dans l’ombre, aujourd’hui libre. Je ne cherche pas à faire danser le monde, je cherche à le contaminer. Chaque morceau est un fragment du miroir que j’ai traversé. Et maintenant que je suis dehors, je redécouvre ce monde qui m’a enfermé. Tout est là, pareil... mais tout a changé. Je regarde avec d’autres yeux. Je marche dans un monde qui ne m’attendait plus. Et pourtant, me revoilà. Plus seul. Plus lucide. Plus vivant. C’est à leur tour maintenant.